Description
Le tramway rouge d’Istanbul (ou nostalgique), emblème romantique et patrimonial de la ville, possède une histoire riche, entre modernité ottomane, abandon et renaissance.
Les débuts du tramway à Istanbul (1869–1914) remontent au premier contrat pour l’exploitation de tramways à traction animale, signé en 1869 avec une société belge. En 1871, les premiers tramways hippomobiles circulent entre Azapkapı et Galata et rapidement, le réseau s’étend aux quartiers européens de la ville (Beyoğlu, Şişli, Eminönü), faisant du tramway un symbole de modernisation de l’Empire ottoman.
En 1914, les tramways deviennent électriques et le réseau atteint son apogée avec près de 130 km de lignes et les fameuses rames rouges à deux essieux qui circulent dans les quartiers centraux, jouent un rôle fondamental dans la mobilité quotidienne des stambouliotes.
Mais à partir de 1950, comme dans beaucoup de grandes villes du monde, les tramways commencent à être perçus comme vieillots alors que l’usage de la voiture et des bus pousse les autorités à supprimer progressivement le réseau. Le dernier tramway circule sur la rive européenne en 1961 et sur la rive asiatique en 1966. Les lignes sont alors remplacées par des bus.
Mais en 1990, la municipalité décide de réintroduire symboliquement un tramway sur l’avenue piétonne İstiklal Caddesi, à Beyoğlu, cœur historique et culturel d’Istanbul. Ce tramway, baptisé "Taksim–Tünel Nostalgic Tramway", utilise d’anciennes motrices restaurées, repeintes en rouge vif.
Le tram rouge d’İstiklal devient une attraction touristique majeure, mais reste aussi un transport local entre les stations Taksim et Tünel. Il est aujourd’hui un symbole photographié et chargé de mémoire qui incarne à la fois la modernité ottomane passée, le renouveau culturel de Beyoğlu et la volonté d’Istanbul de préserver son patrimoine vivant.

